
Si je devais résumer le son du S7 en un seul mot, ce serait « présence ». La musique et les interprètes dégagent ici une impression d’ampleur, de poids et de substance que seuls des haut-parleurs offrant véritablement une bande passante complète peuvent procurer. Mais il ne suffit pas de reproduire simplement cette bande passante : le système, et en particulier les haut-parleurs, doivent donner du sens à cette énergie et à ces informations. Sinon, cela ne constitue qu’un bruit parasite qui vient perturber la musique. Si vous comparez les caractéristiques techniques de la S5 2024 et de la nouvelle S7, vous constaterez qu’elles sont presque identiques : Magico annonce la même bande passante de 20 Hz à 50 kHz et la même sensibilité de 88 dB pour les deux enceintes. Les deux modèles utilisent les mêmes haut-parleurs. Pourtant, la S7 intègre un haut-parleur de graves supplémentaire de 10”, 7” de hauteur, 4” de profondeur et 120lbs de matériaux dans un caisson dont la largeur est nominalement identique. Compte tenu de la finesse des parois du boîtier, cela représente une augmentation considérable du volume interne ainsi que de la surface balayée – ce qui se traduit directement par des basses fréquences substantielles et magnifiquement maîtrisées, qui soutiennent la sensation d’échelle et d’espace, la présence physique et la substance musicale des S7. C’est une véritable prouesse. Les enceintes plus volumineuses posent d’importants défis physiques et mécaniques, générant souvent plus de problèmes qu’elles n’en résolvent. Je ne dispose pas de détails sur la structure interne de la S7, mais si vous consultez la page consacrée à la S5 sur le site Web de Magico (https://www.magicoaudio.com/s-series-s5), vous verrez une vue éclatée de cette enceinte, qui illustre bien les efforts considérables déployés par l’entreprise en matière d’ingénierie complexe, de renforts internes et d’amortissement du caisson, afin d’obtenir ces basses fréquences nettes et claires. Guy Boselli a qualifié cette enceinte de « silencieuse », et c’est tout à fait ça. Elle est silencieuse dans le sens où l’on n’entend ni ne perçoit aucune contribution du caisson ou des haut-parleurs au son. Elle est silencieuse dans le sens où la performance musicale existe, de manière totalement indépendante des enceintes ou du système qui la produisent.
Et ces basses ne sont pas seulement nettes et claires, elles sont également riches en informations. Écoutez « Moanin’ » (d’Art Blakey and the Jazz Messengers, Blue Note 4003/UHQ-MQACD UCCU-40120) : la basse de Jymie Merritt, si souvent adoucie et indistincte même sur de grands systèmes, est ici d’une netteté parfaite, avec un tempo et une hauteur de son irréprochables. Ses lignes s’accordent parfaitement avec celles de Blakey et de Bobby Timmons au piano ; son solo, si souvent confus et maladroit, est bien structuré, articulé et plein d’intention. Les S7 offrent une séparation parfaite entre les mains gauche et droite de Víkingur Ólafsson dans *La Demoiselle élue* (Debussy-Rameau, DGG 483 7701), avec de l’espace entre les notes, tout en conservant l’élan et l’attaque lorsque cela s’impose : une interprétation magnifiquement dosée qui offre un contraste saisissant avec la dextérité, la vitesse, la précision et l’articulation du *Rappel des oiseaux* de Rameau qui suit.

